La citadelle de Verdun : les dessous
(suite)
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Tout près de l'écoute n° 1 se trouve la chaufferie alimentant
le chauffage central des galeries par radiateurs cylindriques à ailettes. Si l'installation est encore
à peu près complète, en revanche l'emplacement de la soute à charbon n'est pas clairement identifié.
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On choisit l'aristocratie de l'époque, les chaudières La Gauloise fabriquées dans les établissements
de Charles Schérer, à Pont-sur-Saulx, également dans la Meuse. Si le gouverneur et ses services, logés
dans les casemates D, se contentaient du petit modèle de 5 éléments, les galeries profondes étaient chauffées
par deux gros modèles de respectivement 10 et 16 éléments. Le combustible était l'anthracite calibré, stocké
dans un magasin intégré à la chaudière situé au-dessus du foyer et alimentant celui-ci par gravité
à travers un orifice réglé par le volant oblique. Le système est clairement décrit par la gravure
ci-dessous.
Il s'agit des seuls exemplaires connus à ce jour de ces appareils de chauffage qui eurent un grand
succès pendant au minimum quatre décennies.

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Juste à côté des chaudières, les fourneaux
de la citadelle sont encore un mystère : le fourneau Valance (quincaillier établi en 1930 aux 13 et 15 de la
rue Chaussée, à Verdun) n'en est pas un, car ce n'est qu'un décor de
tôle sans ouvertures sur lequel sont plaquées de fausses portes. Le François-Vaillant type A de 1895, plus
authentique mais bien incomplet, n'est certainement pas à sa place là où il est. Il apparaît que cette fausse
cuisine est toute proche de l'ancienne entrée touristique de la citadelle, qu'on aura voulu agrémenter dès
les premiers mètres d'équipements spectaculaires.
C'est sans doute en raison de ces appareils non fonctionnels que les soldats affirmaient : "Pas moyen
de bien bouffer dans ces forteresses".
D'intéressantes informations supplémentaires sur les cuisines militaires autour de 1900
sur ce site.



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L'alimentation en eau : il est certain que la citadelle possédait dès 1914 ses propres ressources ; outre les
quantités physiologiquement nécessaires pour la garnison, il fallait aussi l'eau du chauffage, des moteurs à
vapeur, etc.
Ce qui est sûr, c'est que des modifications furent apportées ensuite au circuit de distribution et
qu'au début des années 20 la situation était la suivante : un groupe de deux pompes à piston actionnées par une
machine à vapeur, débitant 80 m3 à l'heure, desservait les forts et un groupe de deux pompes
centrifuges commandées électriquement alimentait la citadelle sous un débit horaire de 100 m3.
Une canalisation commune venant d'un puits proche du bastion 69, ouvrage aujourd'hui peu apparent situé
sur le canal Saint-Vanne, juste au sud du bastion 68, était logée dans la galerie de visite
visible ci-dessous.
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, il fallut renforcer l'adduction par le forage
d'un nouveau puits assurant 100 m3 à l'heure, situé non loin du premier. La canalisation
trouve place dans la galerie existante à côté de son aînée. On les aperçoit sur la quatrième photo
ci-dessous.
Une installation de stérilisation par chlore gazeux (verdunisation) traitait l'ensemble avant distribution.
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Les forts de la place étaient
alimentés par un réseau en étoile partant de l'usine des eaux de la citadelle.
Sur cette ancienne carte postale (à gauche), le moteur à vapeur commandant les deux pompes. La salle, à présent
dépouillée de ces intéressants mécanismes (à droite), se trouve dans le prolongement de la station représentée
à la ligne suivante.
C'est dans ce sous-sol que se trouve le départ de la galerie de visite, signalé par la présence
d'un réservoir de chasse faisant probablement office de truitomètre...
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Sources :
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Archives militaires diverses
Jean-Luc Kaluzko
Luc Malchair
Lionel Frémont
Jean Franville
Maurice Schérer
Base Mérimée
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Tous mes remerciements à Jean-Luc, à Cyril, à Luc, à Pascal, à Mathieu
et aux responsables militaires de la citadelle.
Consulter également
cette page de l'incontournable fortiff.be.
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